RESUME DE L’INTRIGUE

Reprenant de loin le conte de Perrault, dont il ne reste que quelques allusions comiques (du sang sur la clé du caveau...), l’opéra-bouffe s’ouvre sur un tableau naïf, sans ménagement pour les pièces pastorales d’alors.

ACTE I
Déguisé en berger, le Prince Saphir s’est installé au village pour y séduire Fleurette, une charmante fleuriste. Tous les deux s’aiment, et Fleurette, ignorant l’ascendance de son amoureux, parle mariage à son berger. Celui-ci se rétracte, mais voilà Boulotte, une forte luronne, qui, elle aussi, est amoureuse de Saphir. Boulotte est intriguée par ce berger coquet et raffiné le seul homme du village qu’elle ne connaît pas (!). Arrivent ensuite Poplani, alchimiste et homme de main de Barbe-Bleue, et le Comte Oscar, Grand Courtisan du Roi Bobèche et aussi son homme de main. Tous deux s’entretiennent sur leurs projets: Popolani doit trouver une rosière pour consoler le veuvage de son maître, et le Comte Oscar doit retrouver la Princesse Hermia, fille du roi Bobèche. A la grande surprise de tout le village et malgré sa réputation de batifoleuse, c’est Boulotte qui est tirée au sort comme rosière! Soudainement, le Comte Oscar reconnaît la corbeille de la Princesse Hermia, qui n’est autre que Fleurette. Il décide de l’emmener à la Cour du Roi Bobèche, accompagnée, contre le gré du Comte, du faux berger Saphir. Entre alors Barbe-Bleue pour lequel Popolani a préparé sa sixième femme! Le Sire est ébloui par la beauté de la Princesse Hermia dont il projette déjà d’en faire sa septième épouse! Boulotte est couronnée rosière et Barbe-Bleue annonce à tous son intention de l’épouser, malgré sa ressemblance avec les femmes des tableaux de Rubens...

ACTE II, 1er tableau
Dans le palais du Roi Bobèche, le Comte Oscar entraîne les courtisans à “courber l’échine”. Le monarque, fantoche, original, mais également cruel et colérique, malmène Alvarez, un courtisan que le Roi soupçonne être l’amant de sa femme, la Reine Clémentine. Il demande une fois de plus au Comte Oscar de se charger d’éliminer ce courtisan déplaisant. Puis le Roi jongle avec le monde, affronte les humeurs de la Reine, et tente de calmer le caractère capricieux de sa fille Hermia. Entre le Prince Saphir, que la Princesse reconnaît comme son berger. Amoureuse à nouveau, elle n’aura d’yeux que pour Saphir qui lui propose de voir très peu ses parents...
Arrive Barbe-Bleue qui vient présenter ses hommages au Roi accompagné de sa nouvelle épouse. Le sinistre Sire demande sournoisemant quand la Princesse sera mariée. “A minuit” lui dit-on. Ainsi, huit jours après son mariage, il décide d’éliminer Boulotte afin d’épouser Hermia. La valse du baise-main est perturbée par l’allure peu conventionnelle de Boulotte, embrassant tour à tour Saphir et le Roi. N’en pouvant plus, Barbe-Bleue emporte Boulotte dans son manoir, afin de “régler ce compte-là”.

ENTR’ACTE


ACTE II, 2e tableau
Dans son antre, Popolani est seul. Il attend les ordres de son maître qui lui amène Boulotte afin de l’éliminer. Popolani, plein de coeur mais à l’insu de Barbe-Bleue, gardait les femmes de son maître pour lui-même! Après avoir faussement exécuté Boulotte, le remord le rongeant, Popolani décide de redonner à ces mortes la liberté et la gaîté. Leurs seuls mot seront donc: la gaîté, la vengance et la liberté!

ACTE III
Le mariage d’Hermia et de Saphir est imminent. La cérémonie va bon train, mais Barbe-Bleue la perturbe, annonçant la mort de sa femme. Tout le monde se méfie de ce méchant petit seigneur, car c’est la sixième fois qu’il raconte la même chose! Se lamentant d’abord, il termine son discour en dansant avec la Reine, puis emporte la Princesse Hermia dans son giron, au détriment de Saphir. Le Prince défie Barbe-Bleue en duel. Saphir s’écroule, vaincu par une ruse traître de Barbe-Bleue, et l’ambiance de la noce vire au cauchemard pour Hermia. Barbe-Bleue l’entraîne à son bras jusqu’à la chapelle. Pleurant la jeunesse éphémère du Prince, le Comte Oscar acceuille Popolani, ce dernier déguisé en bohémien; il demande l’aide de son ami pour accomplir sa veangeance. Oscar, à son tour, lui avoue que les courtisans qu’il avait la charge d’éliminer, étaient logés chez une cousine à lui. Saphir se réveille de son évanouissement et suit Popolani pour venger la Princesse. Barbe-Bleue et Hermia reviennent de la chapelle, en tête du cortège nuptial. Le manque de gaîté de la cérémonie est alors rompu par l’entrée de bohémiennes qui lisent la bonne aventure: “...s’il y a des morts qui sont bien portants, il y a des vivants qui sont bien malades!” Les monstres sont démasqués, et l’on propose de marier tous ces gens-là. Ce qui aurait pu tourner au drame vire au comique, et cette “idée heureuse, ingénieuse” clôt l’opéra-bouffe, avec un veuf plus gai que jamais!

Christian Baur, le 29 janvier 2003

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